Posted by Philippe on September 25, 2016

Véronique Popinet, reporter-photographe, porte son regard sur les sites actuels de la Loire en bassin roannais. Une Loire habitée, en toute vérité.

La Loire coule dans ses veines et la photographie est son ADN. Véronique Popinet braque son objectif sur ce fleuve qui marqua son enfance, dans ses « portraits de Loire ».
La jeune reporter-photographe a pris 5 000 clichés de la Loire roannaise. Elle n’en donne à voir qu’une trentaine dans l’exposition à la médiathèque de Roanne, des vues prises de Balbigny jusqu’à Pouilly.

« J’ai voulu rapporter le visage d’une Loire vivante et habitée, présentant les traces du passé mais surtout les usages contemporains du fleuve », explique-t-elle. Elle a rencontré une cinquantaine de personnes qui ont accepté de poser pour elle. Thierry Moulat, musicien-phonographe, a recueilli, dans une même démarche, tant les témoignages de riverains que le bruit des voitures non-loin de là ou du TER lancé sur le pont du Coteau, le concert des oiseaux, de la nature. Ils nous livrent une œuvre aboutie et qui enchante.

« J’ai voulu capter l’image du fleuve telle qu'il est aujourd'hui, à l'inverse d’une Loire de carte postale idéalisée, sans traces humaines et où le ciel est toujours bleu », insiste Véronique. Ses prises de vue traduisent la vie au quotidien de la Loire. Ses images sont baignées de lumières changeantes au gré des saisons, prises dans un halo de brume ou sous la lumière plombée d'une chaude journée d'été.

« J’ai une affection particulière pour les lieux plus sauvages où on ne peut accéder que par d'étroits sentiers dans les gorges, par exemple vers la Digue de Pinay. J'aime aussi les lieux en marge de la ville : les gravières ou le chemin de halage. Mais traverser Roanne à pied en longeant le fleuve est un privilège à la portée de chacun ». Véronique Popinet a souhaité montrer comment l’on vit depuis la construction du barrage. « Née en 1974, je n'ai malheureusement pas de souvenirs des gorges de La Loire telles qu’elles étaient avant la construction du barrage. Mais j’ai eu la chance d’être “baignée“ enfant par la Loire, puisque mes parents habitaient à l’actuel emplacement du barrage, rive gauche. »

Ainsi au fil de l’exposition, le visiteur découvrira les vestiges de l’usine hydraulique du Saut du Pinay. Il pourra suivre la vidange des vannes, une véritable peinture à la Turner, et faire des rencontres insolites, avec un osiériculteur-vannier faisant sa cueillette d’osier lors d’une froide matinée d’hiver, un pêcheur de sandre saisi lui aussi en plein hiver…

C’est un magnifique reportage social que livre Véronique Popinet avec le concours de Thierry Moulat, phonographe. Un livre, enrichi d'autres photos, ambiances sonores et textes du sociologue André Micoud, spécialiste des fleuves, paraîtra dans quelques mois aux éditions du Miroir.

Béatrice Perrod-Bonnamour

Portraits de Loire, médiathèque de Roanne, jusqu’au 19 novembre.

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