Posted by Philippe on March 03, 2017

Deux gardes-pêche comparaissaient devant le tribunal de grande instance d’Aurillac pour corruption passive dans l’exercice de leur fonction, commis en avril 2014.

À la barre du tribunal d’Aurillac, Gérard* et Sylvain*, garde-pêche, étaient appelés à répondre de deux faits de corruption, commis à l’encontre de deux pêcheurs à Saint-Etienne-Cantalès. Les faits remontent à avril 2014, lorsque Gérard et Sylvain interviennent au lac de Saint-Etienne-Cantalès, après avoir repéré Guillaume*, un pêcheur qui enfreint la réglementation sur plusieurs points. « Vous l’avez contrôlé et le total de l’amende qu’il encourait était de 2 400 €, indique le Président. Il demande votre indulgence et vous lui auriez alors proposé de faire ce que vous avez appelé un « don pénal » d’un montant de 200 € ».

Quelques heures plus tard, les deux prévenus contrôlent également Jean-Pierre*, un second pêcheur en infraction et lui demandent un chèque de 150 € pour oublier la contravention. Ce dernier aurait refusé et s’est ensuite plaint à la Fédération.

Pour leur défense, les deux prévenus affirment que les pêcheurs auraient eux-mêmes réclamé de payer ce « don », et notamment Guillaume. « Il avait un comportement dangereux, le contrôle était justifié. Il était d’une inconscience incroyable. Il a reconnu avoir fait une faute et nous a demandés s’il n’y avait pas moyen de s’arranger. Nous avons alors appelé le président de l’AAPPMA pour savoir si on pouvait faire cela, il nous a dit qu’on pouvait prendre le chèque ».

Gérard et Sylvain invoquent alors leur absence de formation et leur ignorance quant à l’infraction qu’ils étaient en train de commettre. « Imaginez, vous vous faites arrêter par un gendarme et pour vous éviter une contravention il vous propose de faire un chèque à l’ordre de l’amicale des gendarmes ! Vous trouvez cela normal ? », interpelle alors le Président, avant de rajouter « C’est quand même curieux que les deux pêcheurs se plaignent exactement du même procédé… ». Ce à quoi les prévenus ont rétorqué : « Les deux se connaissaient, ils habitaient côte à côte. On a été piégé ».

L.P.

*Les prénoms ont volontairement été modifiés
Source et photo: http://www.lavoixducantal.fr/deux-gardes-peche-accuses-de-corruption_5897/

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